Il est claire qu'en ce moment, chacune de mes écritures ont lieu lorsqu'il y a un trop plein de pression à évacuer, et comme je ne suis pas capable de l'exprimer convenablement oralement à qui doit l'entendre... je préfère me rapprocher de mon blog.
Vendredi, soirée No Limit, concluant la fin des partiels- Pour célébrer les vacances, Emilie a eut la bonne idée d'organiser une soirée. La pochetrons team va donc encore sévir, malheureusement. J'ai évidemment immédiatement refuser une telle invitation, surtout avec l'intitulé "no limit" accolé à la soirée.
J'ai en horreur l'idée de perdre pied, d'oublier mes limites. Je ne supporte pas les sensations physiques que cela provoque.
Il y a trois ans je me suis mis une mine comme rarement j'ai voulu m'en mettre, j'ai compris alors que je ne souhaitais plus être dans cette état de nerfs. Anne-Charlotte venait de se pavaner à la même soirée que moi, avec le gars avec lequelle elle m'avait d'abord fait cocu, avant de me laisser tomber. Après avoir désiré du plus profond de mon coeur sortir de ma léthargie sociale après mon accident en 2005, j'ai transformé ma façon de fonctionner avec autrui, avec les filles, et avec moi-même. J'ai voulu voir ce que cela faisait d'être plus populaire comme l'a été Vincent à la même époque. J'avais réussi à vaincre de nombreuses peurs pour parvenir à vivre une relation avec une fille qui me plairait (après trois ans de célibat). Et en assistant à ce spectacle, tout les efforts que j'avais fait, toutes les peurs que j'avais ressenti, tout les bienfaits que m'avais apporté ma nouvelle conduite ont été brisé d'un coup, j'avais la sensation d'un immense vide autour de moi. Pour réussir à faire paniquer Charly et Vincent au téléphone, comme je l'ai fait, en sortant de la soirée, pour les faire se déplacer dans Paris, alors qu'eux même étaient bien faits, c'est que j'avais franchi une étape avec l'alcool qu'aujourd'hui je refuse de franchir. C'est ce genre d'anecdote qui me fait me rappeler qu'il est bon d'avoir des amis qui veillent sur soi. Après cette soirée, j'ai compris à quelle point j'avais souffert en voulant devenir quelqu'un d'autre. J'ai fini par trouver un chemin capable de me combler, qui n'était plus le même que celui que j'avais emprunter avant 2005: de toute façon, j'avais donc évolué, malgré cette saleté d'expérience. Aujourd'hui à part une bière ou un verre de champagne à l'occasion, je ne bois plus que ce qui me plait: jus, jus, jus, et jus.
Emilie commente après la soirée que je ne devrais pas refuser ce genre de soirée, elle voudrait me convaincre que personne ne me forcera à boire, que la soirée peut être sympa tout en ne buvant pas.
On a le même âge elle et moi, et pourtant, je me sens vieux à l'entendre. Je n'apprécie pas de voir les gens dépasser leurs limites, je n'apprécie pas les délires post-bibines quand tout le monde s'y met en soirée. Quand ce n'est qu'une ou deux personnes sur un groupe, cela peut rester rigolo (pas sûr...).Pas de forcing pour boire? Non, en effet, personne ne me mettra le verre dans le gosier sinon moi, mais pourtant, il y a un tannage, un forcing pas possible quand on ne boit pas un verre toutes les dix minutes : "tu bois pas?" "Bah alors tu bois pas?" "Qu'est ce tu fous!" " T'es pas drôle!" "Allez une ptite goutte !" "Ca te fera pas de mal" "Allez quoi, un petit effort" "Eh oh, pas de ça hein!" "bon je te serre et tu trinques" "allez, juste un verre" "eh, pour me faire plaisir". Quand tu as le malheur d'accepter Un verre, tu es resservi presque immédiatement, et quand tu sirotes ton verre parce que tu n'aimes pas on te le reproche "Allez! une vrai gorgée" "t'avales rien là""allez je me serre et on le finis en même temps, cul-sec". Quand tu refuses les autres voilà que tu passes pour un coincé incapable de se lâcher, "Oh, Hubert !"Un dernier verre, et tu pourras partir" "Attends tu n'as pas encore payer ta tournée, tu dois encore trinquer"...
Je ne tiens pas la nuit quand je sors, après deux heures du mat, je ne suis plus bon à rien; alors les soirées qui dure toute la nuit même si je parviens à contourner ces pressions psychologiques deviennent vite pénibles, tu comates en regardant les autres devenir de plus en plus joyeux, voir de plus en plus pathétiques (surtout!), tu n'es plus capable de discuter proprement avec eux, incapables de garder une idée en tête plus de deux minutes, incapables de tenir en place, ou de ne pas te sortir une connerie tandis que tu parles d'un sujet ordinaire qui pourtant te tiens à coeur. Depuis tout jeune, je n'ai jamais eut une bonne image de l'alcool, jamais il n'apporte de bonnes choses.
Et pourtant je me sens mal.
Emilie dit "un jour passe une soirée avec nous Hub et tu verras que tout se passe normalement, personne ne fais d bizarreries!!on s'amuse simplement...." . J'ai le sentiment de passer pour le gars obtus d'esprit, inflexible, et pourtant je sais très bien pour l'avoir vu lors d'un début de soirée avec eux le mois dernier (19h-23h) que ça part facilement en vrille, et en regardant les photos prises après mon départ, de constater que les délires sont aller crescendo, jusqu'à se retrouver en caleçon avec le pull enroulé sur la tête. "S'amuser simplement" de cette façon avec la majorité des gens cela me semble déjà hors de mes propres limites, et cela ne fait pas de moi un putain de coincé! Mais comment on appelle des gens qui "s'amuse simplement " avec beaucoup d'alcool à chaque soirée, et qui enchaîne deux, trois soirées comme ça par semaine? A mes yeux, des alcooliques, M.Foie il prend cher et il a même pas vingt-cinq ans. Je me sens mal parce que je culpabilise, je passe pour le croquemitaine. J'ai conscience que j'agis bien en ne buvant pas, mais j'en ai marre d'être excentrique dans ce sens là. La norme c'est de boire aujourd'hui, la norme c'est de jeter ses papiers et mégots par terre dans la rue, de se foutre des conséquences de nos actes...
Image: Chez Monique, Le Cheval Blanc à Wazemmes, lieu de rassemblement de la pochetron team. Leur amusement n'est pas le mien, cette photo a été prise après mon départ.